• Et oui, il y avait longtemps n'est-ce pas ? Et bien me revoilà, mais avec un article de feignasse (un vrai). Dans Endoc(t)rinement - Stéphane Horel, je parlais rapidement des accords TAFTA.

    Souvenez-vous, il s'agissait d'accords commerciaux entre les Etats-Unis et l'Europe, susceptibles de faire trembler nos chartes de qualité et de réduire à néant le principe de précaution tant détesté par les industriels.

    Et bien Data Gueule propose une petite vidéo (3:38) résumant ce qu'est TAFTA et son fonctionnement. Je me suis dit que ça pourrait vous intéresser...

    Alors lecteur, accroche tes paupières. Tu vas en prendre Data Gueule !

    Les accords TAFTA : ta gueule à la récrée.

     

     

     

    Vous en avez marre de faire le guet à l'affut d'un nouvel article ? Inscrivez-vous à la Newsletter, et restez informés des dernières parutions !

     

    << Quand le BIO nous MENT...         Retour à la rubrique       Quand le bio devient moins beau >>

     


    votre commentaire
  • Pour celles et ceux qui suivent un peu ce blog, vous aurez sûrement remarquer que je ne publie plus depuis... un certain temps qui commence à être long.

    Non, je n'ai pas laissé tomber. Non, je ne me suis pas lassée de râler (faut quand même pas pousser mémé dans les orties ! quoi que...). Simplement, mon planning ne m'en laisse pas le temps !

    C'est que j'ai un emploi du temps de ministre, moi ! Et pour cause, je prépare (attention mode pas peu fière "on") un master et un concours, tout ça en même temps (et pas par choix...). Alors entre les cours et le boulot perso, je n'ai ni le temps, ni l'énergie de pondre un article.

    Donc, en attendant que les choses évoluent, je vais vous délaisser... Désolée.

    Mais comme je suis très gentille, je ne vais pas vous abandonner comme ça ! Voici un petit film d'animation fort fort mignon et fort fort poétique, et fort fort bio ! De quoi rester dans le thème !

    A regarder sans modération tellement c'est bon ! A bientôt pour de nouvelles aventures au pays des râleries !

     Mes chers lecteurs, je pars
    Je vous aime mais je pars
    Vous n'aurez pas d'article
    Ce soir
    Je n'm'enfuis pas j'bachote
    Comprenez bien, j'bachote
    Sans fumée, sans alcool
    J'bachote, j'bachote

    ...Mais je reviendrai  

     

     


    2 commentaires
  • Aujourd'hui, je suis colère ! Je suis même TRES colère ! Alors gare à vos miches, car je vous rentre dans le lard !

    S'il n'est pas dans mes habitudes de donner des noms de marques ou de pointer du doigt un produit particulier, il va s'en dire que cet article sera totalement différent.

    Aujourd'hui, J'ACCUSE !

    Il se trouve que comme beaucoup de femmes sur cette planète, j'épile mes délicates aisselles. Et comme beaucoup de femmes dans ma situation, les quelques jours post-épilation sont un peu douloureux lors de l'application du déo quotidien. En fait c'est carrément la mort comme ça fait mal !

    Bref, j'allais donc acheter mon petit Cadum habituel pour cette période, quand je suis tombée nez le premier sur CE produit :

    Quand le BIO nous MENT...

    Et comme j'ai été particulièrement BETE ce jour-là, j'ai fait CONFIANCE aux petites lignes : "sans alcool" (ouais, parce que l'alcool sur une peau lésée, ça fait mal).

    Et voici ce qui m'est arrivée... Alors que je venais de finir mon p'tit dej' de champion des crayons, je suis passée sous la douche. Puis, je me suis avidement emparée de mon tout nouveau déo tout bio et m'en suis généreusement tartiné les dessous de mes petits bras potelés. Et là, c'est le drame : soufflette compulsive (et inutile), jets d'eaux intempestifs, tout est bon pourvu que la sensation de brûlure disparaisse.

    Sans alcool, hein ? Et bien à y regarder de plus près... Pas tant que ça. Et au passage, c'est du gros foutage de gueule... (Vous remarquerez sur l'image ci-après, que j'ai pris la peine de surligner certaines données)

    Quand le BIO nous MENT...

    Commençons par les données en vert. Et comme je suis sympa, je vous les remets :

    "[...] aloe vera bio*" et "[...] *Alcool Ethylique."

    Première réaction : WHAT ? d'où l'aloe vera c'est de l'alcool éthylique ? 

    Du coup, vous me connaissez depuis le temps, j'ai fait une rapide recherche dont voici le résultat.

    Tout d'abord, je suis tombée sur le site de la CSST, Commission de la santé et de la sécurité du travail au Québec, soit plus ou moins la même chose que le CHSCT chez nous : Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail. 

    Ce site donne les différentes appellations de l'Acool Ethylique, et celle qui me plait le plus c'est "esprit de vin". Alors oui, on voit l'aloe vera apparaître dans la liste des ingrédients. Et selon la nomenclature INCI, il semblerait qu'après l'eau, l'aloe soit une composante majoritaire du produit.

    Mais une question reste en suspend : pourquoi mettre une astérix qui lie l'aloe et l'Alcool Ethylique ? POURQUOI ? ...ben je sais pas.

     

    Continuons avec les données en orange : "Benzyl Alcool".

    Ce premier site, je vous le concède n'est pas forcément LE site de référence. Mais il donne tout de même des informations intéressantes (et puis je vous lie la source de ma source, qui elle, est déjà plus fiable):

    Quand le BIO nous MENT...

    Donc, ce produit est dans le déo parce que c'est un conservateur. Mais en plus de conserver cette arnaque du bio, il est potentiellement cancérogène, neurotoxique, toxique pour les organes (mais surtout pas les non reproductifs, ouf !) à la source d'allergies de contact, d'irritation. Il est aussi dangereux pour l'environnement (mais c'est bio, hein !).

    Ce deuxième site, qui est déjà plus fiable, ne parle pas de tous les bien faits du Benzyl Alcool, mais évoque qu'il y a des seuils à ne pas dépasser. Et là, j'ai simplement envie de vous réorienter vers un article de mon cru : Endoc(t)rinement : Stéphane Horel.

    Mais au-delà de la toxicité de ces produits, je tiens surtout à souligner que j'ai choisi ce déo pour une chose. L'absence d'alcool dans sa composition. Pourtant, chez moi, Alcool Ethylique et Benzyl Alcool, ben... c'est de l'alcool...

     

    Voilà, c'était mon coup de gueule. Merci. Et du coup je suis retournée sur mon Cadum pas bio.

     

     

    Vous en avez marre de faire le guet à l'affut d'un nouvel article ? Inscrivez-vous à la Newsletter, et restez informés des dernières parutions !

     

    << Endoc(t)rinement                        Retour à la rubrique                       Les accords TAFTA >>


    2 commentaires
  • Aaaaaah ! ça faisait longtemps, n'est-ce pas ? Et bien me revoilààààààà !!! 

    Aujourd'hui, je vais faire l'apologie d'une chose absolument merveilleuse. Une chose qui a changé ma vie. Une chose tellement belle que ça fait des papillons dans le ventre et des paillettes dans les yeux. Une chose tellement extraordinaire que... Que je vous en parle, tiens !

    Alors laissez-moi vous présenter... *roulement de tambours* Les Plims (et le fiel de boeuf)

     

    Les PLIMS 

     Une Plim, c'est ça :

    Les Plims (et le fiel de boeuf)

     Alors là, il y a 4 Plims et 2 pochettes, et en prime, vous avez mes  baskets !

     Une Plim c'est donc une serviette hygiénique, mais version lavable et  réutilisable. 

     *Baaaaaaah !!! c'est saaaaaaale !!!*

     Et bien non, ce n'est pas sale : ça se lave très bien et très facilement. Bon  je vous passe les photos du lavage, m'en veuillez pas mais c'est pas très  glamour (quoi que si j'utilise du colorant bleu on arrivera à un niveau de  glamour équivalent aux pubs pour les tampons...).

     

    Il y a un bon moment, je vous parlais des protections périodiques, et notamment des Plims et des coupes menstruelles. Autant je vous laisse le soin de tester les coupes, autant j'ai testé pour vous les Plims.

    Et pour les messieurs, sachez qu'il en existe également pour vous ! La plomberie vieillissant, on n'est jamais à l'abri d'une petite fuite !

     

    Etape 1 : la commande...

    Pour une radine comme moi, l'étape de la commande est cruciale. Oui parce que ça à beau être made in France (Niort), écolo, bio, et réutilisable, ça reste cher ! Les Plims (et le fiel de boeuf) 

    Mais quand on fait les comptes, on comprend rapidement qu'il s'agit d'un investissement sur le long terme. *Merci maman, voix de la raison*

    Les Plims (et le fiel de boeuf)

     

    Etape 2 : l'investissement passe la boîte aux lettres.

    Les Plims (et le fiel de boeuf)

     Voici à quoi ressemblait le paquet : une boîte en carton toute simple  et discrète, enroulée dans du chatterton. Cette boîte simplissime me sert  toujours puisque j'y range mes Plims propres une fois le remake de  shining terminé : Les Plims (et le fiel de boeuf)

    Voici donc les Plims, avec à côté l'équivalent en serviettes classiques :

    Les Plims (et le fiel de boeuf)Les Plims (et le fiel de boeuf) Les Plims (et le fiel de boeuf) protège slip (+)

    Les Plims (et le fiel de boeuf) Les Plims (et le fiel de boeuf)flux quotidien (+++)

    Les Plims (et le fiel de boeuf)Les Plims (et le fiel de boeuf)

     

    pour la nuit (++++), post-mater, flux abondant

     

    Les Plims (et le fiel de boeuf)Plims vous propose également des petites pochettes (12 cm de côté) pour ranger discrètement  vos serviettes dans le sac, ou pas selon le motif que vous choisissez !  

    Le carré marron correspond à la serviette violette (en photo. Il existe une taille au-dessus), la carré blanc à la serviette fuschia (en photo), le carré bleu est une taille intermédiaire (pas de photo), et le carré vert c'est la serviette à coccinelles !

     

    Etape 3 : le pré-lavage.

    Oui parce qu'avant de les souiller de votre cadeau mensuel ("tu saiiiiiiiis ? Tes rèèèèèègles !!!"), vous devez les laver pour en augmenter la puissance d'absorption. Il faut même les laver deux fois. Et puis, si vous le pouvez, séchage au soleil, c'est mieux (c'est plus écolo) et surtout PAS de SECHE-LINGE !! Ou alors seulement si vous voulez mettre 200€ à la poubelle, mais après... Bordeau Chesnel j'ai envie de dire... 

    Les Plims (et le fiel de boeuf) Au soleil, les Plims se dorent la pilule. Qu'elles en profitent, après elles  vont surtout partir à la pêche...

     

     

     

     

     

     

     

    Etape 4 : le TEEEEEEST * voix d'outre-tombe

    Achetées en Septembre, je trépignais d'impatience à l'idée de pouvoir les utiliser. Puis finalement, Shining a pointé son nez : "Here's Johnny !".

    J'ai donc testé et... satisfaction totale !

    Déjà, c'est mignon : tout le monde ne peut pas se vanter d'avoir des coccinelles dans la culotte. Ensuite, c'est confortable : j'avais un peu peur parce que la bande tissu s'accroche avec une pression pile au niveau de la scène du crime. Et bien on ne la sens pas du tout ! Et la Plitient en place.

    En plus, il n'y a pas de plaisir plus grand (non, aucun) que de ne pas avoir à vider la poubelle des toilettes au bout de trois jours.

    Autre point positif : pas de démangeaison, ni d'odeurs. Oui parce qu'avec les serviettes du commerce, les classiques, pas les sans plastiques, c'est la danse du hérisson putréfié !

     

    Et enfin, le sujet qui intéresse vraiment : les fuites.

    C'est un long sujet... Soyons honnêtes, j'ai eu deux fois ce soucis (c'est que la couche n'en pouvait plus...). Heureusement, je m'en suis rendue compte assez rapidement pour rattraper les choses au vol, mais c'est quand même pas super agréable. 

    En fait, le problème vient surtout de la manière dont vous considérez votre flux. Si vous le sous-estimez, aïe ! Si vous l'estimez bien mais que ce mois-ci il est un peu plus important (ou bien vous avez pris des anti-douleurs qui fluidifient le sang), aïe !

    Mais ce soucis, vous l'avez aussi avec les classiques, alors... Il suffit de changer plus souvent si vous avez peur, ou simplement d'aller aux toilettes pour vérifier. Et si vous n'en avez pas le temps, ben vous prévoyez la Plim magnum, comme ça vous pouvez être sereine.

     

    Le problème, c'est que quand il y a des fuites, il y a des tâches. Et puis les Plims se tâchent aussi, du coup vos coccinelles sont sanguinolentes. Snif.

    Mais heureusement, il existe le savon au fiel de boeuf !! Et là j'embraie sur la deuxième partie de l'article.

    Les Plims (et le fiel de boeuf)

     Moi j'achète ce produit là, disponible dans toutes les boutiques bio  respectables.

     Le fiel de boeuf c'est... dégueu... un peu... 

     Il s'agit en effet de la bile de boeuf. Utilisée purifiée en art, cette bile est  un agent dégraissant à toute épreuve, mais pas que.

     Ca marche très bien sur le sang, les tâches de fruits, de tomates,  de  vinaigre... 

     Je vous mets le lien de la page Wikipédia (oui je sais, mais à part ça et des  sites de ventes, ou des blogs qui ont grassement copié-collé wiki sans le  cité, j'ai pris le parti de donner mes sources) qui explique un peu les  origines de ce savon et ses diverses utilisations, si ça vous intéresse.

     Sachez tout de même que le savon au fiel de boeuf existe aussi sous forme  solide.

     Je précise également que fiel de boeuf et savon au fiel de boeuf ne sont pas tout à fait les mêmes produits : le premier c'est de la bile pure, le second est un mélange de savon et de fiel, comme son nom l'indique. L'avantage écologique (et sanitaire ?) est que ce savon ne contient pas de conservateur, contrairement aux détachants du commerce, tout en gardant une efficacité réelle.

    L'odeur du produit n'est pas extrêmement gênante, mais n'est pas des plus agréable non plus.

    J'ai pour habitude de laver mes Plims à la main pendant le cycle, puis à la machine à la fin (après un "prélavage" manuel). Par mesure de sécurité, je n'applique le fiel que pour le lavage en machine. Je préfère ne pas prendre le risque que ce soit mal rincé. Du coup à la fin je tartine le savon sur chaque Plim, je frotte un peu, et hop ! en machine avec le reste du linge, à 30°. Elles ressortent toutes propres et détachées.

    Par contre... il reste un peu l'odeur du savon au fiel. Si vous avez les narines délicates et que l'odeur qui ce sera imprégnée dans TOUTE la lessive vous indispose, vous pouvez ajouter des huiles essentielles au moment de mettre le lavage en route. La lavande et le tea tree sont de très bons désinfectants et antifongiques, et aideront à trucider les éventuelles germes de vos Plims. Quelques gouttes suffisent normalement, à vous de tester, mais attention aux réactions cutanées non désirées !

     

    Voilà maintenant vous connaissez les Plims !

    Le site marchant, c'est par ici !      Le mode d'emploi, c'est par !

    Et la FAQ, c'est là-bas ! 

     Souriez, vous êtes Plimée !

     

    Vous en avez marre de faire le guet à l'affut d'un nouvel article ? Inscrivez-vous à la Newsletter, et restez informés des dernières parutions !

     

     

    << A bas les puces !                    Retour à la rubrique                       Je veux un PENIS ! >>

     


    4 commentaires
  • Aujourd'hui, un article de feignasse, ou presque. Dans cet article, je vais vous parler des perturbateurs endocriniens, en me basant sur le documentaire de Stéphane Horel (et non, il n'y a pas de "i"), une journaliste indépendante principalement intéressée par le lobbying et les conflits d'intérêts autour de l'environnement et de la santé publique.

    Endoc(t)rinement est un documentaire de 52 minutes dont je vous copie ici le résumé :

    "À Bruxelles, un compte à rebours a commencé. L’Europe pourrait interdire les perturbateurs endocriniens, ces substances omniprésentes qui compromettent la santé des enfants en piratant leur système hormonal. Mais cette promesse menace des intérêts colossaux. Les générations futures mandatent un bébé astucieux pour enquêter sur la bataille d’influence que se livrent industriels, scientifiques et ONG dans les coulisses de la démocratie européenne.

    Fruit de 18 mois d’enquête, Endoc(t)rinement expose la complaisance d’institutions européennes perméables à l’influence de l’industrie. Attaque de chercheurs indépendants, instrumentalisation de la science, conflit d’intérêts : le film dévoile les stratégies des lobbys de la chimie et des pesticides, empruntées à l’industrie du tabac, pour court-circuiter la réglementation."

     

    Un article de feignasse donc, car je mets une vidéo (qui est très documentée) au lieu de vous faire un rapport complet et minutieux de mes longues et fastidieuses recherches. Mais pas vraiment de feignasse car j'ai passé une après-midi entière (oui môôôsieur, tout mon précieux mercredi après-midi y est passé !!) à écouter et décortiquer les passages qui me paraissaient être cruciaux. 

    En plus, je pense à vous, qui n'avez pas vu ce documentaire, pourtant diffusé au moins 3 ou 4 fois sur LCP depuis le début de l'année 2015 (et à des heures abordables, même si la diffusion suivie d'un débat était bien trop tard à mon goût. D'autant qu'il a fallut que je choisisse entre ça et un passionnant autre documentaire ufologique... Cornélien !), et aussi à vous, là-bas dans le fond, qui avez la flemme de regarder 52 longues minutes de perturbateurs endocriniens et complots industriels dignes de l'agent Johnny (si vous n'ouvrez pas le lien, c'est pas un drame).

    Mais je pense aussi, et surtout à vous, qui du fin fond de votre campagne perdue souffrez d'une connexion lente et d'un téléchargement laborieux (big up, maman ! )

     

    Enfin, bon. Plus sérieusement, voici le documentaire, tout de suite suivie de ma synthèse. Bon visionnage/bonne lecture, ou les deux pour les plus courageux !

     

     

    Le débat au sujet des perturbateurs endocriniens est ouvert depuis les années 90 : en effet, les scientifiques ont observé une diminution de la fertilité masculine ainsi que des modifications chez les poissons. Les mâles de cette espèce produisaient des protéines femelles. 

    S'engouffrant dans le filon, d'autres études ont vu le jour. Elles ont démontré que les perturbateurs endocriniens ont des effets néfastes irréversibles sur le développement de l'enfant, et notamment in-utero. Par exemple, chez les hommes il a été remarqué des malformations du pénis, une non descente des testicules et des cancers des testicules et de la prostate. Chez les femmes, on observe des cancers du sein ainsi que le syndrome des ovaires polykystiques

    La dangerosité des perturbateurs endocriniens fait l'objet d'un large consensus parmi la communauté scientifique.

     

    En 2009, le parlement Européen se décide à réglementer voire interdire l'usage des perturbateurs endocriniens. C'est alors le parcours du combattant qui commence...

    Pour commencer, il faut définir clairement comment se fait la différence entre un perturbateur endocrinien et les produits chimiques. il s'agit alors d'établir une liste de critères d'inclusion/d'exclusion.

    Dans le domaine chimique (cosmétologie, pharmacologie, biocides, pesticides...) ces substances sont utilisées à des niveaux variables. L'industrie veut donc que la définition soit très limitée car elle constitue une menace pour beaucoup de produits : tous les secteurs seront touchés (alimentaires, chimiques, ...)

    Dans cette affaire, il y a des parties prenantes qui ont une influence différentes : les ONG d'un côté et les industries de l'autre.

    Les ONG représentent l'intérêt général. En d'autres termes, elles nous représentent nous, le petit peuple empoisonné. Si vous avez un peu suivi, peut-être avez-vous deviné que ce n'est pas la partie qui a le plus d'influence...

    Les industries (et notamment le CEFIC), représentant les intérêts des industriels au sens large. Contrairement aux ONG, ils ont les moy€ns de s'adresser à tout le monde...

    C'est cependant la Commission Européenne qui devra trancher. Elle est composée, entre autres, de la Direction Générale (DG) Sanco, la DG Entreprises et la DG Environnement.

    Et pour prendre une décision, elle a désigné la Direction Générale Environnement. Cette DG devra donc réfléchir à la définition des perturbateurs endocriniens qui listera des critères scientifiques. Pour ce faire, elle demande une étude afin de connaître les perturbateurs endocriniens (PE, j'en ai marre de l'écrire en entier...). Cette étude est menée par un scientifique à la renommée mondiale : Andreas Kortenkamp, professeur en toxicologie.

    Il en ressort que les hormones ont un rôle de programmation dans le développement : pendant la vie fœtale, il y a des "fenêtres" très sensibles durant lesquelles une interaction avec des PE a de gros impacts, comme des malformations.

    Par conséquent, les produits chimiques auxquels les femmes enceintes sont exposées ont des impacts sur le développement futur du fœtus.

     

    Ce rapport, le rapport Kortenkamp, écrit en 2012 (et téléchargeable au format pdf en cliquant sur le lien), est violemment attaqué par l'industrie, mais pris en compte par la Commission Européenne. Les critiques sont formulées par des sociétés de lobbying scientifique qui cherchent à "fabriquer de la matière scientifique" afin de défendre le bisphénol A, les pesticides ou les cigarettes.

    Je vous rapporte ici les propos tenus par David GEE, ancien conseiller en politiques publiques de l'agence européenne de l'environnement) : "Les critiques grossières, faciles, baclées et rédigées à la va-vite, comme les critiques du rapport Kortenkamp, on s'en passerait facilement. [...] L'objectif global [... est de] fabriquer le doute, remettre en question la qualité des études et compliquer la tâche aux dirigeants quand ils doivent prendre des décisions."

    L'industrie instrumentalise la science pour "retarder, affaiblir combattre les réglementations". Cela s'appelle la "manufacture du doute". Cette technique a été inventée par l'industrie du tabac dans les années 50 pour déjouer les mesures de santé publique contre la cigarette. Cela permet de protéger le produit pendant 2 ou 3 décennies.

    Bien que le doute permette le débat et fasse avancer la science, l'industrie utilise ce doute et manipule la science pour combattre la science.

     

    Heureusement pour nous, et malheureusement pour les industries, le principe de précaution fait loi en Europe. Ce principe s'applique lorsque le doute persiste. L'incertitude entraîne alors le retrait du produit qui en est la source.

    Selon l'industrie, ce principe ralentit l'innovation (faut dire que sans cobaye, on va forcément moins vite). Pourtant des études montrent que bien au contraire, cela stimule l'imagination et permet de trouver des alternatives moins nocives, voire meilleures.

    Pour passer outre ce principe, l'industrie utilise des ruses, notamment les seuils de nocivité.

    La Commission a mis en place une grosse machine permettant de régler leurs sort aux substances controversées : REACH. Ce processus permet d'enregistrer, d'évaluer et d'autoriser ou de restreindre les produits chimiques. Dans ce cadre, les PE sont :

    • dangereux au dessus d'un seuil
    • dangereux tout court : les PE sont interdits et substitués

    Selon Andreas Kortenkamp, "[on] ne peut pas déterminer de niveau d'exposition sans danger à ces produits chimiques". Et pourtant, les industries aiment beaucoup la notion de seuil.

    Au moment du documentaire, la DG Environnement travaille sur une liste et sélectionne quelques critères encore à évaluer :

    • la gravité des effets
    • la puissance des effets
    • l'irréversibilité des effets

    L'industrie souhaiterait que seule le critère de puissance ce soit retenu. Pourtant, les PE sont si toxiques qu'on ne considère plus la puissance : s'ils atteignent le corps à un moment de faiblesse (fenêtre sensible du foetus par exemple), ile peuvent causer des dégâts très importants. Aussi, les ONG considèrent que la puissance est un mauvais indicateur, au contraire des industries qui arguent que les substances se comportent de manière différentes et que donc chacune a un effet différent. Si on ne considère que les puissances, on s'occupe pas des autres PE qui sont tout aussi dangereux, même si moins puissants.

    L'Allemagne et la Grande Bretagne trouvent que c'est un bon critère. En effet, si on marque le produit comme PE, il se vendra moins, donc en ne marquant que les "puissants", on évince certains produits, mais pas tous.

    En 2009, le  Parlement réglemente les pesticides : s'ils sont identifiés comme étant des PE, il devront être retirés du marché. Dans les pesticides, sur 400 molécules utilisées en Europe, 50 sont identifiées comme probables PE. Ces 50 substances représentent 40% du marché, soit 8 à 9 milliards d'euro en moins.

    La protection intégrée des cultures, l'agriculture biologique sont autant d'alternatives à ces 50 molécules, mais les industriels estiment que c'est mauvais pour leurs affaires.

          Allez, courage, plus que 3 pages de résumé ! Endoc(t)rinement - Stéphane Horel

     

    Dans ce flot de pression, la DG Environnement tient bon, mais la DG Entreprise et la DG Sanco, traîtresses qu'elles sont, vont lui mettre des bâtons dans les roues. Il faut dire que la DG Sanco s'intéresse d'avantage à la santé des industries qu'à la santé des consommateurs.

    La DG Sanco demande donc une étude sur les PE à l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). Si cette instance rend valable les revendications de l'industrie, la DG Environnement, qui n'est pas au courant de cette demande, devra changer sa décision (notamment concernant le critère de puissance des PE). Les DG Sanco et Entreprise ne s'expliquent pas sur ce court-circuitage en règle.

    EFSA décide finalement de ne pas inclure de critère d'exclusion basé sur la puissance dans son étude, critère que par ailleurs, elle ne recommande pas.

    Parallèlement, le Parlement Européen prend position et décide de rejeter l'idée d'un seuil ou d'un critère de puissance comme critère d'exclusion des PE.

    En mai 2013, le DG Environnement soumet enfin une proposition : pas de critère de puissance, pas de seuil et interdiction des PE.

    Une demande d'étude d'impact (qui prend au moins 1 an à la Commission Européenne) est faite 6 mois avant la date limite fixée par le Parlement à la Commission. Une étude d'impact permet de mesurer l'impact économique de l'interdiction des PE dans le futur à l'échelle de l'Europe.

    Cette étude est demandée par le CEFIC, les lobies pesticides et plastiques, qui se plaignent que la discussion est fondée sur des considérations politiques plutôt que scientifiques :

    "Dans le cadre d'une décision aussi importante et dont les impacts seront potentiellement énormes sur les substances et leurs usagers, nous demandons instamment que son aboutissement soit fondée sur de la science censée [sound science] et non sur des considérations politiques"

    La sound science, c'est la science raisonnable. Elle préconise une utilisation appropriée du principe de précaution. Ce terme a été inventé par l'industrie du tabac dans les années 80. C'est une expression utilisée pour disqualifier les études scientifiques qui ne vont pas dans le sens de l'industrie.

     

    Au début de l'été 2013, les USA et l'Europe négocient une zone de libre échanges transatlantiques (TAFTA) pour supprimer les entraves aux échanges commerciaux en alignant les réglementations (mais sur quel profil ? européen ou américain ?).

    Le principe de précaution empêche cet alignement et les marchandises américaines restent bloquées aux frontières, ce qui déplait fortement à la DG Entreprises. L'alignement des réglementations remet également en cause REACH. Par ailleurs, ces nouveaux échanges commerciaux permettraient à l'industrie de régler en douce des débats qu'elle a perdu, ou est en train de perdre, sur le front public.

    L'industrie américaine des pesticides râlent sur la réglementation des PE, et le principe de précaution qui en découle :

    [traduction personnelle du courrier anonymé visible à 38:52]
    "L'abus du principe de précaution par l'Europe : une science basée sur l'évaluation des risques, comme fondation pour les décisions de réglementations, ne doit pas être annulée par une application incorrecte (et politiquement orientée) du principe de précaution, comme souvent utilisé par l'Europe. Par exemple : la suspension annoncée de l'usage d'insecticides néonicotinoïdes, dans la preuve scientifique d'un seuil de contradiction et l'établissement de procédures administratives".

    Les négociations du TAFTA ne sont pas transmises aux parlements nationaux, donc les nations n'en connaissent pas le contenu.

    BAYER, une transnationale de produits chimiques, adresse une lettre au secrétariat général (niveau -1 du Président) en demandant une étude d'impact pour évaluer le travail de développement des critères et leurs mise en oeuvre. Cette demande, en faveur de l'industrie, est acceptée par Catherine Day, secrétaire générale de la Commission Européenne.

    Fin 2013, l'étude n'est toujours pas faite, ce qui retarde d'autant l'acceptation de la proposition de la DG Environnement. En février 2014, la Commission justifie son retard dans le lancement de l'étude d'impact en annonçant que les doutes à propos des PE étaient trop importants.

     

    En juin 2013, un éditorial est publié dans plusieurs magasines scientifiques et une lettre est envoyée à la conseillère scientifique principale, Anne Glover.

    La lettre indiquait qu'il y avait une réglementation des PE sur la base de tests in-vitro, ce qui est faux selon les dire d'Andreas Kortenkamp. Par ailleurs, les signataires émettaient une crainte à propos du principe de précaution qui supprimerait beaucoup de produits parce qu'ils contiennent des PE.

    Sur les 56 signataires de la lettre, 33 avaient des liens avec les industries et n'étaient pas spécialistes des PE. Parmi les scientifiques qui ont émargé l'éditorial, 17 étaient dans la même situation que les 33 précédents, sur un total de 18.

    Quid du conflit d'intérêt ?

     

    Conclusion... Je sais que vous l'attendiez !

    Le lobbying, c'est s'adresser à la bonne personne au bon moment avec le bon message.

    Martin Pigeon, chercheur et militant à Corporate Europe Observatory (CEO) : "Cette notion même qu'on pourrait avoir un conseiller en chef scientifique auprès de la commission pose problème parce que d'abord qu'est-ce qu'un chez de la science ?"

    Jean-charles Bocquet, directeur général chez European Crop Protection Association (ECPA) : "Il y a des plus en plus de décideurs, et moralité il y a de moins en moins de décisions qui se prennent. Ou au pire, on prend des décisions négatives : principe de précaution. -Stéphane Horel : Vous voudriez un chez de la sound science au niveau de la Commission ? -Ben oui !"

     

    "On est en Avril 2014, et tout est toujours bloqué. L'étude d'impact n'a pas commencé, l'Europe n'a pas de définition officielle, les PE ne sont pas réglementés. Les uns défendent leur chiffre d'affaire, les autres s'écharppent dans leurs bureaux. Mais ces messieurs-dames ont-ils oublié de qui ils parlent ?? De leurs filles, de vos petit-fils ! De NOUS quoi !!"

     

    Je vous laisse méditer ces paroles, moi j'ai faim. Je vais prendre ma dose de pesticides !

     

     

    Vous en avez marre de faire le guet à l'affut d'un nouvel article ? Inscrivez-vous à la Newsletter, et restez informés des dernières parutions !

     

    << Le formaldéhyde                   Retour à la rubrique                   Quand le BIO nous MENT...>>


    2 commentaires