• Empoisonnement ?

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    • Les libérateurs de formaldéhyde : écaillons le vernis ! 
    • Le methylisothiazolinone : le nouveau paraben
  • Avez-vous déjà lu les composants de vos produits ? Savez-vous ce que contient votre crème de jour fétiche ? Votre lait hydratant adoré ? Bien sûr, vous avez sûrement pris la peine d'y regarder. Une fois. Et puis plus jamais. Mais pourquoi ?

    Comment ???? Vous ne comprenez pas la moitié de ce qui est écrit ? Vous ne savez pas ce que sont les Sodium-Lauryl-Sulfate ? Rooooh... C'est pôôô bien...

    Mais rassurez-vous, je vais vous en apprendre de belles !

    Déjà sachez mesdames que les ingrédients de vos cosmétiques sont classés par ordre d'importance. Houla, j'entends le crissement de vos sourcils qui froncent... 

    Le composant le plus présent dans votre produit se trouve tout au début de la liste. Celui qui est en quantité "infime" est tout à la fin. Tout ce beau monde est rangé par ordre décroissant.

    C'est ce que l'on appelle la "Nomenclature INCI". Cette nomenclature impose également que les ingrédients soient inscrits dans une langue internationale ou scientifique, entendez par là l'anglais et le latin. LATIN ??? Oh noooon... Pourquoi j'ai pas pris l'option en cinquièèèème... AHAAAH !! Ben moi je l'ai fait (merci maman), et du coup, je comprends les choses. Faut dire que ça reste quand même très transparent.

    Bref... Je suis sûre que nous avons toutes les mêmes stratégies une fois devant l'interminable rayon de la mort qui tue : celui des cosmétiques... Premier objectif, cibler la marque tant convoitée. Deuxièmement, le type de produit (lait, crème, gel...). En trois, se frayer un chemin jusque devant l'étalage. Et enfin... chercher celui qui nous plaira le plus. Au pamplemousse, au concombre, au beurre de karité ou à l'huile de jojoba, les produits affichent tous des étiquettes colorées et attractives vantant les milles et un méritent de leur contenu. Parmi cette foule de choix, on ouvre les flacons et on laisse nos délicates narines frétillantes se risquer au dessus des trous parfumés. C'est finalement le produit qui sentira le meilleur qui sera l'élu. The one. 

    Choisir un produit pour son odeur et sa soi-disant action, c'est bien gentil, mais encore faut-il savoir ce qui est actif...

    Ce site répertorie les principales informations pratiques pour lire une étiquette. Et pour le fun, j'ai décidé de décrypter avec vous l'étiquette de l'un de mes produits préférés...

    Je vais délibérément taire la marque. Les lignes qui vont suivre lui feraient mauvaise presse, et je n'ai pas envie que ça me retombe dessus. Sachez juste que c'est une célèbre marque qui fait entre autres des shampooings "fruités" (avec ça si vous ne voyez pas...).

    Lire une étiquette cosmétique - Secrets de fabrication

    Observez bien la face avant du produit, j'y reviendrait dans un moment...

     

    Lire une étiquette cosmétique - Secrets de fabrication

    Et voici les ingrédients du fameux gel purifiant.

     

    Bien ! Je vais reprendre les catégories du site que je vous ai déjà fourni pour analyser les composants de mon merveilleux produit.

    "Les noms en latin : les ingrédients ayant leur nom écrit en latin sont les produits naturels. L'eau (Aqua), les huiles essentielles, ou encore les composants végétaux (Algae = algues, Avena Sativa=avoine ou encore Rosa=rose) sont donc pour vous !"

    Nous avons donc... Aqua (eau), citrus grandis extract (extrait de pamplemousse), eucalyptus globulus extract (extrait d'eucalyptus), punica granatum extract (extrait de grenadier). Vous trouverez ces trois derniers composants aux lignes 4, 5 et 7 de l'étiquette (et si vous êtes observateur vous verrez que ce sont les derniers ingrédients, ou presque).

    "Les parabens : ce sont des conservateurs chimiques qui permettent à votre produit de durer plus longtemps. Ils sont facilement reconnaissables par leur nom finissant par -paraben, comme Methylparaben, Ethylparaben, Butylparaben et Propylparaben. Vous pouvez aussi les retrouver sous leur forme déguisée par les mots finissant par -zoate comme parahydroxybenzoate d’éthyle. Les parabens sont responsables de nombreuses allergies et sont suspectés de favoriser certains cancers."

    Je vous renvoie à la première photo. Il est écrit noir sur orange "SANS PARABEN". Regardons de plus près les composants... Effectivement, il n'y a pas de -paraben. Du moins pour les consomatrices non averties. Car si on est attentif, il y a du "sodium benzoate". Sans paraben, hein ? Pas tant que ça finalement... Il y a pourtant des alternatives aux parabens... On continue ?

     

    "Les Sodium-Laureth-Sulfate et Sodium-Lauryl-Sulfate (SLS) : utilisés pour leurs effets moussants dans les shampoings et gels douche, ils sont souvent la cause d'allergies et d'irritations. Ils sont aussi appelés ALS."

    Nous avons donc... sodium laureth sulfate (ligne 2)... Bien, bien, bien...

     

    "Les Polyéthylènes Glycols (PEG) et Propylènes Glycols (PPG) : ce sont des conservateurs dérivés de la pétrochimie, soit du pétrole. On les retrouve sous leur appellation d'origine, mais aussi par tous les noms commençant par Propylène-."

    ligne 1 : propylène glycol.

     

    "Les huiles minérales et la paraffine : dérivées encore une fois de la pétrochimie, elles peuvent boucher les pores et favoriser l'apparition de boutons. Retrouvez la paraffine sous la dénomination ISOparaffin, tous les noms constitués de Paraffinum et les huiles minérales sous l'appelation Mineral Oils."

    Et bien... Une saleté en moins... Ca fait pas de mal...

     

    "Les Silicones : peu biodégradables, ils bouchent également les pores. Incorporés dans votre shampoing, il n'aura qu'une action lissante sur vos cheveux. Si vous ne les trouvez pas sous leur nom Silicone, vous pourrez sans doute les démasquer sous les termes dimethicome, cetyl dimenthicone copoyol, phenyl trimethicone, stearyl dimenthicone, cyclomethicone et les noms finissant par -one, -cone ou -xane."

    Là non plus, on ne trouve rien.

     

    "Les Phtalates : c'est un ensemble de produits chimiques, constitué de : Phtalate de Dibutyle (DBP), Di-ethylhexyl phtalate (DEHP), Di-Octyl Phthalate (DOP), Di-isononyl-phtalate (DINP), Phtalate diisodécylique ou Di-Iso-Décyl-Phtalate (DIDP), Butyl benzyl phtalate ou benzyl butyl phtalate (BBP)."

    Pas de phtalates non plus. Sachez tout de même que les phtalates entrent dans la composition des parfums...

     

    "Le Formaldehyde : conservateur chimique, le formaldehyde est un ensemble d'ingrédients chimiques potentiellement cancérigènes : diazolidinyl urea, DMDM hydantoin, imidazolidinyl urea, quaternium-15, 2-bromo-2-nitropropane-1, 3-diol (Bronopol)."


    Je n'en ai pas trouvé dans ce produit.

     

    Juste comme ça, beaucoup de composants restent mystérieux : coco-betaine, ped-120 methyl glucose dioleate, disodium cocoamphodiacetate, sodium chloride, ascorbyl glucoside, benzyl alcohol, CI 15510/orange, CI 17200/red 33, glycerin, limonene, linalool, menthoxypropanediol, salicylic acid, tetrasodium edta, zinc gluconate.

    Pour vous, j'ai patiemment cherché chacun des constituants ci-dessus... J'ai trouvé la plupart de mes réponses sur le site de l'observatoire des cosmétiques. Je reste prudente sur l'objectivité de la source, m' enfin à défaut d'autre chose...

     

    COCO-BETAINE :  en plus d'être un agent nettoyant, cette substance d'origine végétale et synthétique sert également à rendre le produit facile à étaler. Il améliore la qualité de la mousse, la rendant plus onctueuse par exemple. Il évite de rendre vos capillaires électriques et les gardes doux, brillants, souples, faciles à coiffer, etc.

     

    PED-120 METHYL GLUCOSE DIOLEATE : d'origine animale, végétale ou synthétique, ce produit permet des émulsions à partir de l'huile et de l'eau.

     

    DISODIUM COCOAMPHODIACETATE : cf coco-betaine.

     

    SODIUM CHLORIDE : d'origine minérale ou synthétique, ce composant permet entre autres de masquer l'odeur normale du produit. En gros, pour pas que ça pu, on met du sel.

     

    ASCORBYL GLUCOSIDE : antioxydant d'origine végétale ou synthétique.

     

    BENZYL ALCOHOL : Il s'agit d'un conservateur et d'un solvant irritant.

     

    CI 15510/orange : colorant orange

     

    CI17200/red 33 : colorant rouge

     

    GLYCERIN : augmente et maintient l'hydratation de la peau.

     

    LIMONENE : c'est un hydrocarbure permettant de réduire/masquer l'odeur de base d'un produit, ainsi que les odeurs corporelles (désagréables). 

     

    Un petit lien intéressant, à lire jusqu'au bout !

     

    LINALOOL : c'est un alcool qui a les mêmes propriétés que le limonene.

     

    MENTHOXYPROPANEDIOL : et encore un composant pour masquer l'odeur de base du produit que l'on achète.

     

    SALICYLIC ACID : agent antipelliculaire d'origine synthétique, il permet de vous faire la fourrure douce et soyeuse. Antiacnée, il masque également l'odeur de base du produit.

     

    TETRASODIUM EDTA : d'origine synthétique. Et là je cite parce que c'est tout simplement extraordinaire : "Un agent de chélation réagit et forme des complexes avec des ions métalliques susceptibles d'affecter la stabilité et/ou l'aspect des produits cosmétiques. Très utilisé dans les savons car...". Je vous promets, je n'ai pas coupé la phrase. La preuve.

    Lire une étiquette cosmétique - Secrets de fabrication

     

    ZINC GLUCONATE : il s'agit de granions de zinc (oui oui, du zinc) permettant de lutter contre les imperfections de la peau (brillance, boutons, points noirs). (en lien ici)

     

    Et voilà ! Alors, il est pas beau mon merveilleux produit ?

    Sinon, si jamais vous avez envie d'une solution plus naturelle et moins nocive, je vous conseille de lire cet article qui, je l'admets, fait l'éloge d' Aroma Nature.

     

    Et je profite de la fin de cet article pour vous rappeler une petite chose. Je viens de prendre conscience de l'ampleur de la tâche dans laquelle je me suis lancée. Les informations qu'il faut trouver, trier et rendre abordable pour tout le monde. Les sources qu'il faut citer (ou du moins lier), quand on arrive à en trouver de bonnes.

    Faire cet article m'a pris la soirée. Et je ne compte pas la relecture pour traquer les fautes de frappes et d'orthographes.

    Donc le premier que je choppe à copier/coller mon travail sans me demander mon avis, ni même prendre la peine de me citer/lier, je lui casse tous les doigts un à un, puis les bras et les jambes. Je broie, je coupe et je brûle les petits morceaux. Ensuite, je lui ouvre le ventre, j'en sors les viscères, les fais rôtir au feu de bois et les lui fais bouffer par les trous de nez. Toujours envie de piquer mon labeur ?

     

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    2 commentaires
  • Depuis plusieurs années, les parabens défraient la chronique. Accusés de tous les maux, les laboratoires de cosmétiques tentent de plus en plus de nous vendre des produits sains : des produits "sans paraben".

    Savez-vous ce que sont ces substances ? Savez-vous où les parabens croisent notre chemin ? Le point dans les lignes qui suivent...

    Les parabens sont des conservateurs d'origine synthétique, mais dont les molécules de base "sont naturellement présents dans de nombreux fruits et légumes." C'est donc à la chimie que l'on doit ce produit. Particulièrement efficaces, les parabens permettent de lutter contre les champignons et autres bactéries qui envahiraient très rapidement nos produits à base d'eau (autant dire la quasi totalité de nos cosmétiques).

    Les parabens ont été introduits dans les cosmétiques afin de remplacer une autre substance dont la nocivité a elle été avérée : le formaldéhyde (toujours présent notamment dans le vernis à ongle, il est également utilisé dans les textiles et l'ameublement).

    On rencontre habituellement les parabens dans les cosmétiques, mais il est à mon avis important de souligner leur présence dans les denrées alimentaires et les médicaments. Je parie que ça vous étonne ? Toujours utilisés comme conservateurs, on les retrouve dans le fromage, les gâteaux, les plats préparés, le jambon. Bref tous les produits transformés. Oui, oui, le jambon bien rose que vous achetez est un produit transformé : si vous achetiez un "vrai" jambon, vous verriez qu'il n'y a pas que de la viande, il y a aussi de la gélatine, du gras qui forment des "trous" dans le jambon. Ce que vous achetez par plaque est un jambon reconstitué et coloré, spécialement pour plaire au consommateur. Pardon, au consommacteur...

    Concernant vos médicaments, sachez que même ceux vendus sans ordonnance sont susceptibles de contenir des parabens (l'ibuprophène par exemple). Les autorités de santé n'ont pas nié leur présence, mais en revanche ils restent sur leur position, à savoir que ce n'est pas dangereux. En effet, selon cet article du Figaro, si l'on compare le pourcentage de bénéfices et le pourcentage de risques, l'utilisation des parabens dans nos médicaments n'est pas si tragique.

    Pourtant, une étude (voici un lien pour télécharger l'article scientifique rapportant les hypothèses de recherches, la méthodologie utilisée ainsi que les résultats) publiée dans le Journal of Applied Toxicology indique que des parabens intacts ont été retrouvés dans une poitrine humaine, lors de la dissection d'une tumeur d'un cancer du sein...

    L'ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) publie suite à cela que la méthodologie de l'étude étant particulièrement discutable, les résultats et conclusions ne seront pas pris au pied de la lettre. Pour autant, l'avertissement a été considéré, et des études ont par la suite été mises en place. Il en ressort que finalement, les parabens ne présentent aucun, je cite, "risque immédiat sur la santé".

    Par ailleurs, la probabilité que les parabens soient cancérigènes demeure faible au vu des travaux menés. En revanche, des études menées sur l'animal montrent la diminution de la fertilité masculine...

    Finalement, cette agence a publié une liste (non exhaustive ?) de 400 médicaments contenant des parabens, et en a ciblé 306 parce qu'ils contiennent du propylparaben, qui, pour la petite histoire, est "suspecté de présenter un risque pour la fertilité".

    Je vous mets le lien pour télécharger la fameuse liste qui a été présentée avec tellement de soin qu'on se retrouve avec 10 longues pages imbuvables de noms infâmes qui s'enchaînent les uns à la suite des autres.

     

    Un texte de loi visant à interdire entre autre les produits contenant des parabens a commencé à voir le jour en 2010, mais étrangement depuis le 3 mai 2011, la première lecture n'est toujours pas terminée...

    Je trouve intéressant de lire ceci sur le site de l'Assemblée Nationale : "Les parabènes sont suspectés de provoquer chez les femmes des cancers du sein et d’être néfastes à la fertilité masculine. Des expériences ont en effet montré qu’à long terme les parabènes perturbent le système endocrinien, notamment les hormones sexuelles." (version pdf du texte)

    Finalement, les lobbys pharmaceutiques et cosmétiques (l€s "sous-sous" €n d'autr€s t€rm€s) doivent peser plus lourds que la santé des Français... 

     

    Enfin j'aimerai finir en vous rappelant que les parabens sont des ninjas. Et en bon guerriers de l'Ombre, ils savent se dissimuler. Voici donc quelques uns de leurs noms les plus courants, sachant que la liste n'est bien sûre pas exhaustive :

    • tous ce qui termine par -zoate

     

    Noms scientifiques Nom INCI de l'ester* Noms INCI de ses sels
    Paraoxybenzoate de méthyle Methylparaben (E218) Sodium Methylparaben (E219)
    Paraoxybenzoate d’éthyle Ethylparaben (E214) Sodium Ethylparaben (E215)
    Paraoxybenzoate de propyle Propylparaben (E216) Sodium Propylparaben (E217)
     Paraoxybenzoate d’isopropyle Isopropylparaben -
     Paraoxybenzoate de butyle Butylparaben -
     Paraoxybenzoate d’isobutyle Isobutylparaben -

    *"chimiquement parlant, les parabens sont des esters"

    source tableau : consoglobe 

    • LISTE NON EXHAUSTIVE !!

     

    Voilà. Maintenant vous en savez déjà plus sur les parabens, et vous voyez que finalement, quand le gouvernement a une intention pure, elle est rapidement polluée par le lobbying. Et juste pour information, une association française existe et défend le lobbying. Cette association est bien antérieure à 2010, juste comme ça...

     

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  • Le formaldéhyde est un conservateur dénaturant d'origine synthétique. Dénaturant parce que son job c'est de détruire la conformation des molécules cibles, en outre, les bactéries (ben oui, c'est un conservateur quand même...) afin de les rendre totalement "inoffensives". C'est également un anti-parasitaire/pesticide, ou plus simplement un biocide (cide=tuer, bio=vie, que de réjouissances, n'est-ce pas ?).

    Légalement, le formaldéhyde n'est présent "que" dans les vernis (et pas que pour les ongles...). Cependant, il est tout à fait possible d'en retrouver, sous la forme de "libérateurs de formaldéhyde", dans les bois recomposés (l'agglo), le plâtre, la literie, le stratifié, ou encore la fumée de cigarette.

    Je vous vois venir d'ici... Libérateurs de formaldéhyde, késako ? et pis qu'est-ce tu nous chantes là de formalmachin dans le matelas ?

    Prenons les choses dans l'ordre, voulez-vous ? Tout d'abord, je termine avec le formaldéhyde, et puis je passe à la libération, promis.

     

    1.  Le formaldéhyde

    Le site de l'INRS met à la disposition de tous une brochure sur le formaldéhyde. Je vous mets en lien la page du site, et non la brochure à télécharger au format PDF, car sa diffusion est payante (je ne suis qu'une modeste étudiante. Et puis je suis radine. Et puis si vous le voulez vous le prenez, et pis voilas ! Le formaldéhyde : écaillons le vernis !).

    Voici en bref, ce que raconte cette brochure : 

     

    • Définition et utilisation

    A la base, le formaldéhyde est un "gaz incolore à l'odeur âcre et suffocante" particulièrement inflammable si trop concentré. Sous forme liquide on appelle cela du formol, sous sa forme solide il s'agit alors de polymère ou trimère (=trioxane).

    Ses emplois sont aussi variés que les domaines concernés (de l'industrie du bois à celle du textile en passant par l'agroalimentaire et le milieu hospitalier).

    Dans le secteur du bois, il peut-être utilisé sous forme de résine dans des panneaux en agglo par exemple, mais également dans les matériaux isolants comme la mousse. Dans l'industrie textile, il est plutôt employé à la création de tissus ignifugés, infroissables (comme un quoi un peu de repassage, c'est pas si mortel que ça !) ou imprimés. Le formaldéhyde est également présent dans les agents de tannage du cuir. Il apparaît également dans le traitement des eaux.

    L'éthylène glycol, l'acide nitriloacétique (présent dans les détergents) sont synthétisés à partir du formaldéhyde.

    En temps que biocide, le formaldéhyde est utilisé en milieu hospitalier et dans les industries agroalimentaires et textiles comme désinfectant. On l'utilise aussi en taxidermie et pendant les embaumements, mais ça vous vous en fichez peut-être un peu ?

    Sachez enfin qu'il entrait dans la composition de certains médicaments. Je dis cela au passé, car après recherche, il semblerait que les médicaments aient été retirés du marché pharmaceutique. Je garde cependant une grosse réserve sur cette information, mais il est à préciser que le document de l'INRS date de 2008 tout de même.

     

    • Implications sur la santé

    Bien que le formaldéhyde soit naturellement présent dans l'organisme (on le produit, c'est pour vous dire !), son utilisation massive dans les différents milieux professionnels en font une substance dangereuse. En effet, ce qui a tout d'abord été soupçonné, semblerait être enfin confirmé : le formaldéhyde est cancérogène, allergisant et irritant.

    L'ANSM inscrit ceci sur son site : "Par voie respiratoire après exposition chronique chez l’homme, le formaldéhyde est cancérogène au niveau du nasopharynx. Il est également suspecté dans la survenue de leucémies, de cancers des sinus et de la cavité nasale. Par ailleurs, il peut induire des irritations oculaires et respiratoires ou provoquer des eczémas de contact."

     

    Je trouve en revanche très intéressant de préciser qu'une étude, "Le formol à l'hôpital : utilisations, risques, recommandations" a été publiée en octobre 2008. (Pour les curieux, les informations données ci-après se trouvent pages 11 et 12 de l'étude téléchargeable en format PDF.

    Elle fait mention de la classification du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) dans laquelle, en 2004, le formol est rangé dans le groupe 1, autrement dans le groupe des substances cancérogènes pour l'homme. Non pas "probablement cancérogène", mais "cancérogène".

    Juste en après, il également mentionné la classification européenne, donnée sans date (juste pour préciser...), et dans laquelle le formol se situe cette fois dans la catégorie 3, je cite : "Substances et préparations préoccupantes pour l'homme en raison d'effets cancérogènes possibles mais pour lesquelles les informations disponibles sont insuffisantes pour classer ces substances et préparations dans la catégorie 2".

    Pour information, voici en quoi consiste la catégorie 2 :"Substances et préparations pour lesquelles il existe une forte présomption que l'exposition de l'homme à de telles substances et préparations peut provoquer un cancer ou en augmenter la fréquence."

    On passe donc d'une substance cancérogène avérée à une substance dont la nature peut éventuellement impliquer la supposition que peut-être il est possible d'envisager un hypothétique effet cancérogène, mais alors vraiment c'est pas sûr du tout, hein.

    Halala, que c'est beau le lobbyisme européen... Le formaldéhyde : écaillons le vernis !

     

    Voilà pour la première partie des formaldéhydes. La suite portera donc sur les libérateurs. Soyez patients, elle est en préparation !!

     

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  • Aujourd'hui, un article de feignasse, ou presque. Dans cet article, je vais vous parler des perturbateurs endocriniens, en me basant sur le documentaire de Stéphane Horel (et non, il n'y a pas de "i"), une journaliste indépendante principalement intéressée par le lobbying et les conflits d'intérêts autour de l'environnement et de la santé publique.

    Endoc(t)rinement est un documentaire de 52 minutes dont je vous copie ici le résumé :

    "À Bruxelles, un compte à rebours a commencé. L’Europe pourrait interdire les perturbateurs endocriniens, ces substances omniprésentes qui compromettent la santé des enfants en piratant leur système hormonal. Mais cette promesse menace des intérêts colossaux. Les générations futures mandatent un bébé astucieux pour enquêter sur la bataille d’influence que se livrent industriels, scientifiques et ONG dans les coulisses de la démocratie européenne.

    Fruit de 18 mois d’enquête, Endoc(t)rinement expose la complaisance d’institutions européennes perméables à l’influence de l’industrie. Attaque de chercheurs indépendants, instrumentalisation de la science, conflit d’intérêts : le film dévoile les stratégies des lobbys de la chimie et des pesticides, empruntées à l’industrie du tabac, pour court-circuiter la réglementation."

     

    Un article de feignasse donc, car je mets une vidéo (qui est très documentée) au lieu de vous faire un rapport complet et minutieux de mes longues et fastidieuses recherches. Mais pas vraiment de feignasse car j'ai passé une après-midi entière (oui môôôsieur, tout mon précieux mercredi après-midi y est passé !!) à écouter et décortiquer les passages qui me paraissaient être cruciaux. 

    En plus, je pense à vous, qui n'avez pas vu ce documentaire, pourtant diffusé au moins 3 ou 4 fois sur LCP depuis le début de l'année 2015 (et à des heures abordables, même si la diffusion suivie d'un débat était bien trop tard à mon goût. D'autant qu'il a fallut que je choisisse entre ça et un passionnant autre documentaire ufologique... Cornélien !), et aussi à vous, là-bas dans le fond, qui avez la flemme de regarder 52 longues minutes de perturbateurs endocriniens et complots industriels dignes de l'agent Johnny (si vous n'ouvrez pas le lien, c'est pas un drame).

    Mais je pense aussi, et surtout à vous, qui du fin fond de votre campagne perdue souffrez d'une connexion lente et d'un téléchargement laborieux (big up, maman ! )

     

    Enfin, bon. Plus sérieusement, voici le documentaire, tout de suite suivie de ma synthèse. Bon visionnage/bonne lecture, ou les deux pour les plus courageux !

     

     

    Le débat au sujet des perturbateurs endocriniens est ouvert depuis les années 90 : en effet, les scientifiques ont observé une diminution de la fertilité masculine ainsi que des modifications chez les poissons. Les mâles de cette espèce produisaient des protéines femelles. 

    S'engouffrant dans le filon, d'autres études ont vu le jour. Elles ont démontré que les perturbateurs endocriniens ont des effets néfastes irréversibles sur le développement de l'enfant, et notamment in-utero. Par exemple, chez les hommes il a été remarqué des malformations du pénis, une non descente des testicules et des cancers des testicules et de la prostate. Chez les femmes, on observe des cancers du sein ainsi que le syndrome des ovaires polykystiques

    La dangerosité des perturbateurs endocriniens fait l'objet d'un large consensus parmi la communauté scientifique.

     

    En 2009, le parlement Européen se décide à réglementer voire interdire l'usage des perturbateurs endocriniens. C'est alors le parcours du combattant qui commence...

    Pour commencer, il faut définir clairement comment se fait la différence entre un perturbateur endocrinien et les produits chimiques. il s'agit alors d'établir une liste de critères d'inclusion/d'exclusion.

    Dans le domaine chimique (cosmétologie, pharmacologie, biocides, pesticides...) ces substances sont utilisées à des niveaux variables. L'industrie veut donc que la définition soit très limitée car elle constitue une menace pour beaucoup de produits : tous les secteurs seront touchés (alimentaires, chimiques, ...)

    Dans cette affaire, il y a des parties prenantes qui ont une influence différentes : les ONG d'un côté et les industries de l'autre.

    Les ONG représentent l'intérêt général. En d'autres termes, elles nous représentent nous, le petit peuple empoisonné. Si vous avez un peu suivi, peut-être avez-vous deviné que ce n'est pas la partie qui a le plus d'influence...

    Les industries (et notamment le CEFIC), représentant les intérêts des industriels au sens large. Contrairement aux ONG, ils ont les moy€ns de s'adresser à tout le monde...

    C'est cependant la Commission Européenne qui devra trancher. Elle est composée, entre autres, de la Direction Générale (DG) Sanco, la DG Entreprises et la DG Environnement.

    Et pour prendre une décision, elle a désigné la Direction Générale Environnement. Cette DG devra donc réfléchir à la définition des perturbateurs endocriniens qui listera des critères scientifiques. Pour ce faire, elle demande une étude afin de connaître les perturbateurs endocriniens (PE, j'en ai marre de l'écrire en entier...). Cette étude est menée par un scientifique à la renommée mondiale : Andreas Kortenkamp, professeur en toxicologie.

    Il en ressort que les hormones ont un rôle de programmation dans le développement : pendant la vie fœtale, il y a des "fenêtres" très sensibles durant lesquelles une interaction avec des PE a de gros impacts, comme des malformations.

    Par conséquent, les produits chimiques auxquels les femmes enceintes sont exposées ont des impacts sur le développement futur du fœtus.

     

    Ce rapport, le rapport Kortenkamp, écrit en 2012 (et téléchargeable au format pdf en cliquant sur le lien), est violemment attaqué par l'industrie, mais pris en compte par la Commission Européenne. Les critiques sont formulées par des sociétés de lobbying scientifique qui cherchent à "fabriquer de la matière scientifique" afin de défendre le bisphénol A, les pesticides ou les cigarettes.

    Je vous rapporte ici les propos tenus par David GEE, ancien conseiller en politiques publiques de l'agence européenne de l'environnement) : "Les critiques grossières, faciles, baclées et rédigées à la va-vite, comme les critiques du rapport Kortenkamp, on s'en passerait facilement. [...] L'objectif global [... est de] fabriquer le doute, remettre en question la qualité des études et compliquer la tâche aux dirigeants quand ils doivent prendre des décisions."

    L'industrie instrumentalise la science pour "retarder, affaiblir combattre les réglementations". Cela s'appelle la "manufacture du doute". Cette technique a été inventée par l'industrie du tabac dans les années 50 pour déjouer les mesures de santé publique contre la cigarette. Cela permet de protéger le produit pendant 2 ou 3 décennies.

    Bien que le doute permette le débat et fasse avancer la science, l'industrie utilise ce doute et manipule la science pour combattre la science.

     

    Heureusement pour nous, et malheureusement pour les industries, le principe de précaution fait loi en Europe. Ce principe s'applique lorsque le doute persiste. L'incertitude entraîne alors le retrait du produit qui en est la source.

    Selon l'industrie, ce principe ralentit l'innovation (faut dire que sans cobaye, on va forcément moins vite). Pourtant des études montrent que bien au contraire, cela stimule l'imagination et permet de trouver des alternatives moins nocives, voire meilleures.

    Pour passer outre ce principe, l'industrie utilise des ruses, notamment les seuils de nocivité.

    La Commission a mis en place une grosse machine permettant de régler leurs sort aux substances controversées : REACH. Ce processus permet d'enregistrer, d'évaluer et d'autoriser ou de restreindre les produits chimiques. Dans ce cadre, les PE sont :

    • dangereux au dessus d'un seuil
    • dangereux tout court : les PE sont interdits et substitués

    Selon Andreas Kortenkamp, "[on] ne peut pas déterminer de niveau d'exposition sans danger à ces produits chimiques". Et pourtant, les industries aiment beaucoup la notion de seuil.

    Au moment du documentaire, la DG Environnement travaille sur une liste et sélectionne quelques critères encore à évaluer :

    • la gravité des effets
    • la puissance des effets
    • l'irréversibilité des effets

    L'industrie souhaiterait que seule le critère de puissance ce soit retenu. Pourtant, les PE sont si toxiques qu'on ne considère plus la puissance : s'ils atteignent le corps à un moment de faiblesse (fenêtre sensible du foetus par exemple), ile peuvent causer des dégâts très importants. Aussi, les ONG considèrent que la puissance est un mauvais indicateur, au contraire des industries qui arguent que les substances se comportent de manière différentes et que donc chacune a un effet différent. Si on ne considère que les puissances, on s'occupe pas des autres PE qui sont tout aussi dangereux, même si moins puissants.

    L'Allemagne et la Grande Bretagne trouvent que c'est un bon critère. En effet, si on marque le produit comme PE, il se vendra moins, donc en ne marquant que les "puissants", on évince certains produits, mais pas tous.

    En 2009, le  Parlement réglemente les pesticides : s'ils sont identifiés comme étant des PE, il devront être retirés du marché. Dans les pesticides, sur 400 molécules utilisées en Europe, 50 sont identifiées comme probables PE. Ces 50 substances représentent 40% du marché, soit 8 à 9 milliards d'euro en moins.

    La protection intégrée des cultures, l'agriculture biologique sont autant d'alternatives à ces 50 molécules, mais les industriels estiment que c'est mauvais pour leurs affaires.

          Allez, courage, plus que 3 pages de résumé ! Endoc(t)rinement - Stéphane Horel

     

    Dans ce flot de pression, la DG Environnement tient bon, mais la DG Entreprise et la DG Sanco, traîtresses qu'elles sont, vont lui mettre des bâtons dans les roues. Il faut dire que la DG Sanco s'intéresse d'avantage à la santé des industries qu'à la santé des consommateurs.

    La DG Sanco demande donc une étude sur les PE à l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). Si cette instance rend valable les revendications de l'industrie, la DG Environnement, qui n'est pas au courant de cette demande, devra changer sa décision (notamment concernant le critère de puissance des PE). Les DG Sanco et Entreprise ne s'expliquent pas sur ce court-circuitage en règle.

    EFSA décide finalement de ne pas inclure de critère d'exclusion basé sur la puissance dans son étude, critère que par ailleurs, elle ne recommande pas.

    Parallèlement, le Parlement Européen prend position et décide de rejeter l'idée d'un seuil ou d'un critère de puissance comme critère d'exclusion des PE.

    En mai 2013, le DG Environnement soumet enfin une proposition : pas de critère de puissance, pas de seuil et interdiction des PE.

    Une demande d'étude d'impact (qui prend au moins 1 an à la Commission Européenne) est faite 6 mois avant la date limite fixée par le Parlement à la Commission. Une étude d'impact permet de mesurer l'impact économique de l'interdiction des PE dans le futur à l'échelle de l'Europe.

    Cette étude est demandée par le CEFIC, les lobies pesticides et plastiques, qui se plaignent que la discussion est fondée sur des considérations politiques plutôt que scientifiques :

    "Dans le cadre d'une décision aussi importante et dont les impacts seront potentiellement énormes sur les substances et leurs usagers, nous demandons instamment que son aboutissement soit fondée sur de la science censée [sound science] et non sur des considérations politiques"

    La sound science, c'est la science raisonnable. Elle préconise une utilisation appropriée du principe de précaution. Ce terme a été inventé par l'industrie du tabac dans les années 80. C'est une expression utilisée pour disqualifier les études scientifiques qui ne vont pas dans le sens de l'industrie.

     

    Au début de l'été 2013, les USA et l'Europe négocient une zone de libre échanges transatlantiques (TAFTA) pour supprimer les entraves aux échanges commerciaux en alignant les réglementations (mais sur quel profil ? européen ou américain ?).

    Le principe de précaution empêche cet alignement et les marchandises américaines restent bloquées aux frontières, ce qui déplait fortement à la DG Entreprises. L'alignement des réglementations remet également en cause REACH. Par ailleurs, ces nouveaux échanges commerciaux permettraient à l'industrie de régler en douce des débats qu'elle a perdu, ou est en train de perdre, sur le front public.

    L'industrie américaine des pesticides râlent sur la réglementation des PE, et le principe de précaution qui en découle :

    [traduction personnelle du courrier anonymé visible à 38:52]
    "L'abus du principe de précaution par l'Europe : une science basée sur l'évaluation des risques, comme fondation pour les décisions de réglementations, ne doit pas être annulée par une application incorrecte (et politiquement orientée) du principe de précaution, comme souvent utilisé par l'Europe. Par exemple : la suspension annoncée de l'usage d'insecticides néonicotinoïdes, dans la preuve scientifique d'un seuil de contradiction et l'établissement de procédures administratives".

    Les négociations du TAFTA ne sont pas transmises aux parlements nationaux, donc les nations n'en connaissent pas le contenu.

    BAYER, une transnationale de produits chimiques, adresse une lettre au secrétariat général (niveau -1 du Président) en demandant une étude d'impact pour évaluer le travail de développement des critères et leurs mise en oeuvre. Cette demande, en faveur de l'industrie, est acceptée par Catherine Day, secrétaire générale de la Commission Européenne.

    Fin 2013, l'étude n'est toujours pas faite, ce qui retarde d'autant l'acceptation de la proposition de la DG Environnement. En février 2014, la Commission justifie son retard dans le lancement de l'étude d'impact en annonçant que les doutes à propos des PE étaient trop importants.

     

    En juin 2013, un éditorial est publié dans plusieurs magasines scientifiques et une lettre est envoyée à la conseillère scientifique principale, Anne Glover.

    La lettre indiquait qu'il y avait une réglementation des PE sur la base de tests in-vitro, ce qui est faux selon les dire d'Andreas Kortenkamp. Par ailleurs, les signataires émettaient une crainte à propos du principe de précaution qui supprimerait beaucoup de produits parce qu'ils contiennent des PE.

    Sur les 56 signataires de la lettre, 33 avaient des liens avec les industries et n'étaient pas spécialistes des PE. Parmi les scientifiques qui ont émargé l'éditorial, 17 étaient dans la même situation que les 33 précédents, sur un total de 18.

    Quid du conflit d'intérêt ?

     

    Conclusion... Je sais que vous l'attendiez !

    Le lobbying, c'est s'adresser à la bonne personne au bon moment avec le bon message.

    Martin Pigeon, chercheur et militant à Corporate Europe Observatory (CEO) : "Cette notion même qu'on pourrait avoir un conseiller en chef scientifique auprès de la commission pose problème parce que d'abord qu'est-ce qu'un chez de la science ?"

    Jean-charles Bocquet, directeur général chez European Crop Protection Association (ECPA) : "Il y a des plus en plus de décideurs, et moralité il y a de moins en moins de décisions qui se prennent. Ou au pire, on prend des décisions négatives : principe de précaution. -Stéphane Horel : Vous voudriez un chez de la sound science au niveau de la Commission ? -Ben oui !"

     

    "On est en Avril 2014, et tout est toujours bloqué. L'étude d'impact n'a pas commencé, l'Europe n'a pas de définition officielle, les PE ne sont pas réglementés. Les uns défendent leur chiffre d'affaire, les autres s'écharppent dans leurs bureaux. Mais ces messieurs-dames ont-ils oublié de qui ils parlent ?? De leurs filles, de vos petit-fils ! De NOUS quoi !!"

     

    Je vous laisse méditer ces paroles, moi j'ai faim. Je vais prendre ma dose de pesticides !

     

     

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  • Aujourd'hui, je suis colère ! Je suis même TRES colère ! Alors gare à vos miches, car je vous rentre dans le lard !

    S'il n'est pas dans mes habitudes de donner des noms de marques ou de pointer du doigt un produit particulier, il va s'en dire que cet article sera totalement différent.

    Aujourd'hui, J'ACCUSE !

    Il se trouve que comme beaucoup de femmes sur cette planète, j'épile mes délicates aisselles. Et comme beaucoup de femmes dans ma situation, les quelques jours post-épilation sont un peu douloureux lors de l'application du déo quotidien. En fait c'est carrément la mort comme ça fait mal !

    Bref, j'allais donc acheter mon petit Cadum habituel pour cette période, quand je suis tombée nez le premier sur CE produit :

    Quand le BIO nous MENT...

    Et comme j'ai été particulièrement BETE ce jour-là, j'ai fait CONFIANCE aux petites lignes : "sans alcool" (ouais, parce que l'alcool sur une peau lésée, ça fait mal).

    Et voici ce qui m'est arrivée... Alors que je venais de finir mon p'tit dej' de champion des crayons, je suis passée sous la douche. Puis, je me suis avidement emparée de mon tout nouveau déo tout bio et m'en suis généreusement tartiné les dessous de mes petits bras potelés. Et là, c'est le drame : soufflette compulsive (et inutile), jets d'eaux intempestifs, tout est bon pourvu que la sensation de brûlure disparaisse.

    Sans alcool, hein ? Et bien à y regarder de plus près... Pas tant que ça. Et au passage, c'est du gros foutage de gueule... (Vous remarquerez sur l'image ci-après, que j'ai pris la peine de surligner certaines données)

    Quand le BIO nous MENT...

    Commençons par les données en vert. Et comme je suis sympa, je vous les remets :

    "[...] aloe vera bio*" et "[...] *Alcool Ethylique."

    Première réaction : WHAT ? d'où l'aloe vera c'est de l'alcool éthylique ? 

    Du coup, vous me connaissez depuis le temps, j'ai fait une rapide recherche dont voici le résultat.

    Tout d'abord, je suis tombée sur le site de la CSST, Commission de la santé et de la sécurité du travail au Québec, soit plus ou moins la même chose que le CHSCT chez nous : Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail. 

    Ce site donne les différentes appellations de l'Acool Ethylique, et celle qui me plait le plus c'est "esprit de vin". Alors oui, on voit l'aloe vera apparaître dans la liste des ingrédients. Et selon la nomenclature INCI, il semblerait qu'après l'eau, l'aloe soit une composante majoritaire du produit.

    Mais une question reste en suspend : pourquoi mettre une astérix qui lie l'aloe et l'Alcool Ethylique ? POURQUOI ? ...ben je sais pas.

     

    Continuons avec les données en orange : "Benzyl Alcool".

    Ce premier site, je vous le concède n'est pas forcément LE site de référence. Mais il donne tout de même des informations intéressantes (et puis je vous lie la source de ma source, qui elle, est déjà plus fiable):

    Quand le BIO nous MENT...

    Donc, ce produit est dans le déo parce que c'est un conservateur. Mais en plus de conserver cette arnaque du bio, il est potentiellement cancérogène, neurotoxique, toxique pour les organes (mais surtout pas les non reproductifs, ouf !) à la source d'allergies de contact, d'irritation. Il est aussi dangereux pour l'environnement (mais c'est bio, hein !).

    Ce deuxième site, qui est déjà plus fiable, ne parle pas de tous les bien faits du Benzyl Alcool, mais évoque qu'il y a des seuils à ne pas dépasser. Et là, j'ai simplement envie de vous réorienter vers un article de mon cru : Endoc(t)rinement : Stéphane Horel.

    Mais au-delà de la toxicité de ces produits, je tiens surtout à souligner que j'ai choisi ce déo pour une chose. L'absence d'alcool dans sa composition. Pourtant, chez moi, Alcool Ethylique et Benzyl Alcool, ben... c'est de l'alcool...

     

    Voilà, c'était mon coup de gueule. Merci. Et du coup je suis retournée sur mon Cadum pas bio.

     

     

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